J’utilise comme pseudo « Airwan Isle Groove ».

J’interviens principalement dans l’espace public et plus particulièrement dans les couloirs du métro parisien. L’espace du métro est pour moi comme un laboratoire pour développer ma pratique de dessin. J’utilise comme toile de fond les affiches publicitaires disposées sur les quais. Le Flux continu des images imprimées me donne une surface déjà prête qui sera, après ma rapide intervention, modifiée dans sa substance.

C’est avec le pastel à l’huile que je trace une ligne, qui, réduite à l’essentiel, devient contour, figure, et finalement symbole. Quand je dessine sur la surface, il y aussi une malice un peu bête, comme celle qui consiste à dessiner au stylo, sur l’expression du visage d’un mannequin de magazine, une moustache ou des lunettes.

Ma famille étant originaire de Dordogne, j’ai découvert très tôt les dessins pariétaux des grottes de Lascaux. Il y avait aussi le gouffre de Proumeyssac où régnait un silence qui m’avait beaucoup marqué. C’était comme être dans le ventre de la baleine, je sentais battre à mes tempes la pulsation rapide de mon cœur, et il m’arrive d’entendre ce battement lorsque je dessine dans les couloirs du métro ou sur les murs de la ville.

Dans la phase de recherche, je puise dans mes carnets des esquisses que je finalise. Puis je répète les mouvements, cherche le rythme. Petit à petit se constitue un répertoire de dessins que je mémorise pour être ensuite invoqué au gré de mes déplacements dans la ville. C’est une nécessité vitale qui échoue la plupart du temps car les dessins s’adaptent toujours à l’environnement ou je me trouve et dialoguent la surface d’une manière unique.

En 2016, j’initie, dans une école primaire, un projet nommé : « Il y a quoi dans ma tête ». Invité par Timothée Dufresne rencontré aux Beaux-Arts, qui faisait alors une résidence sur place, j’entrepris en une après-midi, avec les écoliers, l’élaboration d’une fresque éphémère à la craie sèche dans leur cour de récréation. Trois heure apres, la pluie à tout fait disparaitre.

En 2019, de retour à Paris après un séjour de 8 mois à New-York où j’ai pu aborder un travail de peinture sur toile dans un atelier collectif à Bushwick, je fis par hasard, dans les couloirs du métro parisien, la rencontre de Jorge, colleur d’affiche, avec qui une solide relation se tissa. En plus de nombreux echange autour de son métier et de l’univers du métro, Jorge me fit don d’un stock conséquent d’affiches publicitaires grands formats, ainsi que des conseils techniques liés à l’art du collage. Cette rencontre avec Jorge marqua un lien de continuité entre mon travail de dessin dans la ville et une autre piste de recherche sur affiche, prenant place dans l’espace de l’atelier.

Toujours en 2019, faisant suite à la rencontre avec une maison d’édition et un photographe de Street Art, mes dessins dans le métro firent l’objet d’une publication tirée à 4000 exemplaires introduit par Jean-Charles de Castelbajac, suivie d’une exposition personnelle à Paris où j’ai pu présenter au public des créations vidéo, des dessins sur papier ainsi que des fragments d’affiches contrecollées et rehaussées.

Solo exhibitions

2019 – Airwan Isle Groove, Lieu 37, Paris

2018 – Airwan Isle Groove, Park Street Bklyn Studio, New York 

2017 – Dnsap, Cour vitrée, Ensba, Paris

2016 – Travaux, Galerie du Grenier Saint-Lazare, Paris

2014 – Bleu, Galerie droite, Ensba, Paris

Group exhibitions

2019  « Du haut d’un arbre au milieu de la tempête ». Cur. Antoine Duchenet. Artothèque, Caen 

2017 – « Sur la page, abandonnés. Exposition d’artistes-écrivains », Galerie Valérie Delaunay, Paris

2016 – « Toute première fois », Atelier Nathalie Talec, Galerie droite, Esnba, Paris 

2015 – Atelier Dominique Belloir, Galerie droite, Ensba, Paris

2014 – « Call me », avec la participation de Danh Vo, cur. Angéline Scherf et Anaïs Lepage, Aumônerie des Beaux-Arts, Église Saint-Denys, Paris

External links

Touch of G – Photos of Airwan Isle Groove’s work since 2013 by Guillaume Brachon